Comment analyser le trafic avec du 100% not provided ?

Not ProvidedJe parie que ça ne vous a pas échappé, on se rapproche à grands pas d'une disparition totale des mots-clés qui ont permis d'accéder à notre site au sein de nos outils d'analyse, qu'il s'agisse de Google Analytics ou n'importe quel autre. Google choisit de ne plus fournir ces mots-clés en amont, donc que vous utilisiez Analytics ou un autre service, le résultat sera le même.

De notre côté on peut choisir de se plaindre de cette situation, mais on peut aussi choisir d'avancer et de trouver des solutions de substitution. C'est ce que je compte vous proposer au sein de cet article, parce qu'il va tout de même falloir continuer à bosser, et ce avec ou sans mots-clés dans nos statistiques.

Pourquoi connaitre les mots clés était-il important ?

Avant toute chose reprenons les bases : quel usage faisions-nous des termes de recherche lorsque nous les avions à disposition ?

  • connaitre les expressions génératrices de trafic - c'est important certes, mais il faut avouer que ce qui nous intéressait beaucoup plus c'est surtout de savoir quelles expressions génèrent des conversions, du chiffre d'affaires.
  • connaitre le type d'expressions générant des conversions - était-ce de la longue traine ou plutôt des expressions génériques ?
  • connaitre l'évolution de la notoriété - en tant que marque, il est également important de connaitre la portée de celle-ci. C'est à ça que servent les requêtes incluant la marque.
  • connaitre les expressions qui ne génèrent pas de trafic - en sachant très bien qu'elles devraient en générer

Globalement, voici les raisons pour lesquelles nous nous intéressons aux requêtes effectuées par l'internaute et qui entrainent des visites sur notre site. Aujourd'hui, nous allons tenter de répondre à ces problématiques en utilisant d'autres moyens.

Bien évidemment, chacun possède d'autres raisons plus particulières de connaitre les mots clés tapés. C'est votre activité qui détermine ces raisons !

Qu'est-ce qui génère du trafic et du CA ?

Pré-requis

Par mesure de simplification, les exemples d'outils statistiques donnés correspondent tous à Google Analytics.

Vous vous en doutez, vous l'avez déjà vu ailleurs, il va falloir analyser le trafic par page de destination, mais pas uniquement ! Il est important ici de s'assurer de trois éléments :

  • vous avez mis en place des objectifs de conversion,
  • vous pouvez analyser votre trafic par type de page,
  • vous connaissez vos positions ainsi que les pages cibles

Concernant les objectifs de conversion, la mise en place se fait via l'administration Analytics : Admin > Objectifs > Créer un objectif. C'est à vous de définir vous même vos objectifs, sachant que ça peut être un évènement (qu'il faudra paramétrer en amont via l'insertion d'un code javascript au sein de votre site, regardez le code des "indémodables" ici en sidebar si vous voulez un exemple) comme le clic sur le bouton d'envoi d'un formulaire ou encore l'affichage d'une page précise comme celle de confirmation de commande, par exemple.

Pour l'analyse par type de page, celle-ci n'est pas obligatoire mais permet de faire de l'analyse plus macro que micro. Et ici, les segments personnalisés seront vos amis. Voici par exemple celui que j'utilise sur Noviseo pour sélectionner uniquement les articles :

Segment personnalisé Analytics

Pour plus de lisibilité, voici l'expression régulière utilisée :

/[0-9]{4}/[0-9]{2}/.*/

Voici sa signification :

  • j'ai un premier slash,
  • je veux n'importe quel chiffre après ce slash, et ce 4 fois (l'année dans mes URL d'articles),
  • j'ai un deuxième slash,
  • je veux n'importe quel chiffre après ce deuxième slash, et ce 2 fois (le mois dans mes URL),
  • j'ai un troisième slash,
  • je veux n'importe quel caractère, autant de fois que nécessaire,
  • j'ai un dernier slash.

Je n'entre pas plus dans le détail des regex, ça fera peut-être l'objet d'un futur article, en attendant je vous conseille d'aller jeter un oeil à cet article du JDN pour en savoir plus.

En ce qui concerne les positions vous avez deux solutions : soit vous choisissez vous-même les mots clés à suivre avec un outil comme Ranks ou Myposeo, soit vous utilisez des outils de visibilité globale comme SemRush, SemVisu ou Yooda Webtools. J'aurais tendance à utiliser la deuxième solution, la première vous limitant uniquement auxmots-clés que vous décidez de suivre.

Analyse

Maintenant que vous êtes en possession de toutes ces données, que faut-il en faire ? Ça se passe en trois temps.

Premièrement, vous récupérez grâce à Analytics vos URL (ou vos types de pages) qui convertissent le mieux en provenance du trafic SEO. Ce qui signifie que vous vous rendez dans Sources de trafic > Sources > Recherche > Vue d'ensemble et vous sélectionnez la vue par page de destination. Ensuite vous comparez les visites par rapport à votre objectif avec le bouton "Sélectionner une statistique" situé au-dessus de la courbe :

Filtrage Analytics

Vous aurez donc un graphique avec le trafic et le taux de conversion (et si GA pouvait ajouter ce taux de conversion dans le tableau également, ce serait pas dommage !) Vous savez donc maintenant quelles sont vos landing pages SEO qui ont le meilleur taux de conversion, mais vous n'avez toujours pas les mots clés permettant d'atteindre ces pages.

C'est ici que l'outil de suivi de positionnement entre en jeu. Cet outil devra au minimum vous indiquer l'URL qui se positionne pour chaque mot clé et idéalement le volume de recherches pour le mot clé correspondant. Vous récupérez toutes vos données de positionnement et filtrez en fonction de l'URL qui vous intéresse.

Vous connaissez donc les mots-clés pour lesquels cette URL se positionne, leur ranking et le trafic SEO atterrissant sur cette URL. En prenant en compte le volume de recherche et les taux de clics sur les SERP et après quelques calculs (globalement, des taux comparant le volume de recherche avec le taux de clics et votre trafic réel sur la page), vous savez quels mots clés vous permettent de récupérer du trafic et à quel volume. C'est bien évidemment biaisé puisque vos données de positionnement ne seront jamais complètes, mais vous pouvez vous approcher de la réalité.

Quel type d'expressions convertit ?

Est-ce que ce sont plutôt des expressions de longue traine ou des mots clés génériques qui drainent du trafic et qui convertissent ? Malheureusement ici, je ne vois pas de solution viable permettant de répondre à cette question.

Avec un peu de chance vous pouvez utiliser vos données existantes, celles qui étaient là à l'époque où nous avions encore les requêtes permettant d'accéder à notre site. Si vous pouviez remarquer un comportement différent des internautes en fonction de la longueur de la requête, vous pouvez admettre qu'il en est encore de même. Simplement, ça implique que le profil de votre audience est resté identique et qu'il existait des différences de comportement en fonction du type de requêtes. Rien de bien précis donc.

Pour tout de même jeter un oeil au type de requêtes permettant l'affichage de votre site, vous pouvez aller sur les Webmaster Tools et vous rendre dans la section "Requêtes de recherches". Vous aurez les expressions qui ont permis l'affichage de votre site sur Google ainsi que le taux de clics, c'est déjà un moindre mal. Concernant la longue traine cependant, il y a fort à parier que chaque expressions amène moins de 10 visites, vous n'aurez donc pas le taux de clics pour celles-ci, dommage.

Comment connaitre l'évolution de la notoriété ?

La bonne nouvelle c'est qu'ici, nous avons un peu plus de données à nous mettre sous la dent !

Avant tout, si vous avez la chance de travailler pour une marque déjà un peu connue, il y a de fortes chances pour que vous puissiez trouver des tendances de recherches avec Google Trends. Dans le cas contraire, il va falloir ruser un peu. Mais je vous préviens dès maintenant, nous aurons ici des données biaisées et très incomplètes. Vous voulez toujours continuer ?

Vous avez certainement remarqué que lorsqu'on effectuait des requêtes uniquement marque sur Google, le site de la marque s'affiche avec des sitelinks, oui, mais surtout avec des gros sitelinks :

RDC Google

À contrario lorsqu'on effectue une recherche "produit", ce sont des petits sitelinks qui s'affichent :

APN Google

Ceux qui étaient présents au dernier SMX se souvienne sûrement de la conférence menée par Olivier de Ségonzac et Benoit Arson. Lors de cette conférence, on apprenait que lorsqu'on cliquait sur un résultat de Google, les paramètres de l'URL étaient différents selon le type de résultat cliqué. Je vous propose de lire l'article qui présente la conférence et qui évoque ces paramètres.

Maintenant que vous l'avez lu, vous avez compris que nous allons nous intéresser au paramètre ved= et plus particulièrement au code QjBAw. Ne voulant pas voler le travail des deux conférenciers, qui a de plus été présenté lors d'un évènement payant, je ne vais pas vous en dire plus sur la façon de profiter de ce paramètre mais je peux vous donner une petite piste, sa récupération va se faire de la même façon que la récupération des positions présentée ici même il y a plus d'un an par mon pote Germain.

Comment connaitre les expressions qui ne génèrent pas de trafic ?

Pour ne pas vous gaver avec un trop plein d'informations, je vous renvoie ici à la première section de cet article, "Qu'est-ce qui génère du trafic et du CA ?". Le principe est le même mais présenté en sens inverse : vous repérez les URL qui ne récupèrent que très peu de trafic SEO et vous mettez en exergue celles qui devraient en toute logique en drainer.

Ensuite, vous revenez vers votre outil de suivi de positionnement préféré, vous filtrez de façon à montrer uniquement les mots clés correspondant à ces URL. Vous connaitrez donc vos positions pour les mots-clés donnés. Si elles sont faibles et que le volume de recherche est important, il faudra travailler dessus. Si elles sont fortes, il faudra peut-être revoir quelques éléments comme la meta description ou les rich snippets. En bref, on revient ici sur le B-A BA.

Les solutions alternatives

Petite parenthèse pour terminer cet article, on peut voir un peu partout qu'il existe au moins deux alternatives  propres à Google : Adwords et Analytics Premium.

Concernant Adwords, je ne me prononcerai pas étant donné que je suis vraiment loin de maitriser le sujet, je peux tout de même vous conseiller d'aller jeter un oeil au dernier article d'AxeNet qui en fait mention.

Au sujet de Google Analytics Premium, je peux vous indiquer que nous l'utilisons au sein du groupe dont je fais partie, voici les données de la semaine précédente (après la grosse montée du not provided donc) pour un de nos sites :

Analytics Premium

On se retrouve donc avec environ 50% de not provided, ce qui est bien sûr loin des 100% mais ce qui reste tout de même énorme si on compare ça au coût exhorbitant de la solution.

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12 réponses à Comment analyser le trafic avec du 100% not provided ?

  1. aldo says:

    Google a décidé de faire payer l’acces à ses resultats !! j’avais deja evoque il y a quelques mois ce doute !!

    personne n’y croyait mais pourtant la tendance s’accélère et demain maître google gérera nos vies et nous aurons l’information que GG voudra bien faire passer !!
    ce dictât est très dangereux pour l’avenir de l’infos et du savoir , en son temps nous parlions de big brother avec microsoft pourtant cela n’est rien comparé à ce qui sa prépare !!!!

  2. Samuel says:

    Analytics premium n’est pas une solution au not provided, les mots clés search y sont masqués exactement comme dans la version gratuite.

    C’est sûrement ce que tu voulais dire, mais je me permets d’enfoncer le clou parce que tu parles de 50% et qu’effectivement plein de gens s’imaginent qu’en payant dans les 150K€ par an ils récupèreront leurs keywords. Mais non (enfin ça viendra peut-être, parce qu’effectivement je trouve le prix exorbitant par rapport à ce qu’apporte un compte premium).

  3. jack says:

    Bonjour,

    Ne pas connaitre les mots clés qui nous génère du traffic me gène énormément. Mais les alternatifs que tu viens de nous présenter me semble très utile. Merci infiniment

  4. Formation à distance says:

    Bonjour

    Merci pour ces « combines », j’utilisais jusqu’ici les filtres d’url pour trouver la position de mes mots-clés, il va falloir dorénavant que je me penche sur ces « ved ».

  5. Monica says:

    Repérer les pages qui convertissent le mieux et les mots-clefs qui génèrent leur audience (avant que votre site ne s’autodétruise): une bien belle mission, parce que ranker sans convertir, y’a pas de plaisir!
    Mais une mission bien brumeuse quand même, car les mots-clés auxquels on pense sont-ils les bons et seuls agents de liaison?

    Et là comme dans un ténébreux roman d’espionnage cher à Big « GG » Brother, rendez-vous à son guichet dont le nom sonne comme une administration soviétique du temps du Gosplan et du Kgb: l’outil de planification des mots-clés…
    Cependant, tout ça c’est sans compter les messages sur microfilm parsemés dans ce post par l’agent triple Sylvanoff « VED » Noviseoff… A suivre.
    (j’ai bien ménagé le suspens, là? :-) )

  6. Benji says:

    Bonjour,
    Merci pour ces astuces, à vrai dire ce « not provided » cause vraiment beaucoup de problèmes! J’ai lu un article il y a pas très longtemps qui expliquait plus en détail la raison du « not provided », apparemment le pourcentage de « not provided » convergerait vers les 100% dans les jours à venir étant donné que Google passe en HTTPS et crypte donc les données échangées…
    Il y a des astuces mais elles ne sont pas forcément toutes aussi pertinente que celle que vous nous présentez dans cet article!
    Merci beaucoup pour ces informations.

  7. Cyril KUHM says:

    De mon côté, c’est aussi très négatif car mon employeur se base (partiellement) sur les mots clés générateurs de trafic via GA pour justifier le poste SEO in house. Donc on remercie bien Google …

    Toutes tes astuces sont très pertinentes, mais les reproduire sur des dizaines (ou des centaines de sites suivis) peut être très fastidieux.

    Comme toujours, nous étions dépendants d’un service, il va falloir faire autrement désormais…

  8. Cigarette électronique says:

    Merci pour votre très bel article mais il faut reconnaitre que c’est désormais très compliqué.
    Puis utiliser le taux de clic moyen dans les résultats de recherche peut s’avérer compliqué non ? J’imagine que d’une thématique à l’autre les % sont radicalement différents (par exemple entre du crédit et du voyage).

  9. Tina says:

    Je me demande pourquoi Google tend à chiffrer les requêtes avec « not provided » sous Google Analytics mais il les laisse des indices au niveau de Google webmasters tools?
    Qu’est-ce qu’il vise avec cette conduite?

  10. La volonté affichée par Google de crever les yeux des webmasters référenceurs n’est qu’une banderille de plus, on en a vu d’autres, même si celle-ci dans les yeux, fait particulièrement mal et amène à se remettre un peu en cause.
    Tout ça va nous reléguer à l’état de bricolage, qui ne fonctionnera cahin-caha juste le temps que Google plante une nouvelle banderille. C’est d’autant plus facile pour Google qu’en continuant à utiliser Google Analylics et à foncer tête baissée sur la muleta qu’il agite, c’est simplement perdu d’avance.

    Personnellement, c’est le coup de trop, et je décide VRAIMENT de me passer de tous les services webmasters de Google, et tout comme je recommandais l’usage de Google Search il y a 10 ans, je dissuade à toute occasion venue d’utiliser les services de Google juste par habitude. Je ne veux pas me retrouver, les oreilles et la queue coupées sans avoir vu le coup venir, et je ne crèverai pas sans donner un coup de cornes en essayant de bien le placer.

  11. Amandine says:

    Merci pour cet article bien détaillé. Je connaissais l’astuce de l’étude des landing pages (dénichée dans cet article sur les méthodo SEO / webanalytics mais je trouve que le fait de regarder quelle URL ressort pour quel mot-clé dans nos outils de positionnement est une idée brillante ^^ De toute façon les not provided sont là, donc autant s’adapter, comme vous le dites en début d’article !

  12. ikario says:

    « Ne voulant pas voler le travail des deux conférenciers, qui a de plus été présenté lors d’un événement payant, »

    Je bondis toujours face à ce genre de propos ; Logique Google…

    Payant, pas payant, la logique de propriété ne s’applique pas au Savoir. Enfin tout dépend le modèle auquel au souhaite correspondre (et qu’on ne vienne pas me dire que l’on risque de tuer l’écosystème économique autour, etc. ).

    Mis à part ça, l’article a un point de vue intéressant. Cependant la montée du HTTPS, implique de repenser les stratégies SEO, dans leurs globalité : de manière structurelle et non conjoncturelle (je n’ai pas encore la réponse… ).

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