Pourquoi l’Élysée doit-il se soucier du référencement de son site ?

Site de l'ElyseeCe matin, j'ai publié un audit de référencement du site www.elysee.fr. Vous savez, le référencement c'est cette pratique qui cherche à placer son site en première position des résultats des moteurs de recherches, comme Google par exemple. Il en ressort que le site de l'Élysée n'est pas optimisé pour apparaître sur Google lorsqu'on recherche autre chose que "présidence de la république" ou "Élysée".

Plusieurs lecteurs m'ont fait remarquer qu'un site institutionnel n'avait pas pour vocation à apparaître sur Google, que lorsqu'on cherchait le site de l'Élysée, on pouvait le trouver facilement. Ce n'est pas tout à fait vrai puisqu'une bonne présence sur Google peut énormément jouer sur l'image transmise et donner un grand bol d'air aux conseillers en communication.

L'Élysée doit-il améliorer son référencement ?

À mon humble avis, oui. Il me parait indispensable pour le site de la présidence d'être visible sur Google. Et ce pour plusieurs raisons :

  • apparaitre sur des recherches concernant les faits et gestes du président permet de contrôler son image
  • apparaitre sur des actualités politiques permet de faire passer le message comme on l'entend et non pas avec le point de vue supplémentaire d'un journaliste
  • apparaitre sur des recherches concernant une situation de crise permet de communiquer clairement les actions qui vont être mises en place et surtout, de la façon dont on le souhaite

La requête "Budget 2013"

Prenons un exemple concret. Un internaute inquiet recherche "budget 2013" sur Google. Le 4 janvier 2013 à 22h00, voilà les résultats qui lui sont proposés :

SERP Budget 2013

Il faut avouer que les résultats proposés sont peu flatteurs, faisons une petite liste des mots qui ressortent :

  • perte de 500 millions d'euros
  • rigueur de gauche
  • combien va coûter
  • censure
  • coûteraient un milliard d'euros

Question image, le gouvernement n'est pas spécialement gâté ici. Pour corriger ça, en admettant que le site soit correctement construit aux yeux de Google, il suffirait d'inclure une page sur le site de l'Élysée titrée par exemple "Budget 2013 : la feuille de route du gouvernement" où les points principaux seraient expliqués.

De cette manière, l'Élysée peut communiquer avec ses propres mots sur ce qui est prévu et surtout en faisant passer le message qu'il souhaite, probablement un message positif.

Conclusion

Les deux dernières élections présidentielles en France nous le démontrent, la communication fait plus que jamais partie intégrante de la vie politique et beaucoup de travail a été effectué de ce point de vue. La communication sur Internet a également été pensée, particulièrement avec les réseaux sociaux.

Cependant, les réseaux sociaux ne représentent pas la totalité du web. Lorsqu'ils recherchent une information, 90,8% des Français utilisent Google comme moteur de recherche, il est donc indispensable de gérer son image sur ce canal. Ça s'appelle de l'e-réputation et, M. le président de la République, ça peut vous rendre un énorme service.

Catégorie Réflexions.

21 réponses à Pourquoi l’Élysée doit-il se soucier du référencement de son site ?

  1. Christian says:

    Ce cas ne m’étonne pas.
    Les politiques sont toujours à la traîne d’environ 10 à 15 ans dans tout ce qui est touche l’économie numérique…
    Déjà, il ne faut pas se plaindre, ils ont un site, mal fait ok, mais un site quand même.

  2. LeMoussel says:

    Tout a fait d’accord avec Christian, sur « la traine » de nos politiciens sur l’économie numérique. A en croire qu’ils ne savent pas s’entourer de conseillers en la matière.

    Par contre entre avoir un site mal fait ou pas de site du tout, la question mérite d’être posé.
    Car avoir un site est un axe de communication fort. Avec un tel site la Com’ effectuée est désastreuse !

    Hormis le contrôle de l’image du Président, le site de l’Elysée ne devrait il pas se positionner / être visible sur Google sur ce qui préoccupe les français ? (Emploi, Impôts, …)

  3. Sylvain says:

    @LeMoussel : pour ta dernière phrase, c’est exactement ce qui est pointé du doigt dans l’article ;-)

  4. Vik says:

    Et pourquoi tu ne proposerai pas te service à l’Elysée ;) Tu as déjà fait l’audit, tu à déjà pointé du doigt les éléments manquants et à améliorer du site … Prochaine article tu proposes tes services de référenceur :)

    Derrière tu pourras être fier (ou pas suivant tes opinions) de travailler pour le site de l’Elysée. Bonne chance ^^

  5. Je suis d’accord avec toi. C’est du référencement dans ayant comme objectif de travailler sur l’e-reputation. Mais les 2 termes sont étroitement liés.

    Mais je ne suis pas sur que c’est leur priorité. D’ailleurs je ne suis pas sur qu’ils comprennent ce que le référencement pourrait leur amener… Est ce qu’ils veulent comprendre d’ailleurs ? J’en doute.

  6. Evenstood says:

    Et bien tu me surprend Sylvain. Alors que je dressais un bilan mitigé sur mon commentaire de l’audit, mettant en avant que le coup des pertes de pages et mots clés n’étaient pas très pertinent pour le site de l’Élysée et le changement de présidence qui à eu lieu en Mai dernier, là par contre je suis agréablement surpris.

    Ton exemple est juste excellent…A un bémol prêt cela dit, celui du bloc actualité qui ne pourra jamais voir ressortir toujours le site de l’Elysée, notoriété manquante face aux gros acteurs actus (le parisien, le figaro, nouvelobs et lemonde) ainsi que le flood sur telle ou telle thématique qui passerait plutôt mal.

    Mais tu soulèves ici de vrais points sensible pour la communication de l’Elysée afin d’éviter que des messages torturer viennent tourmenter le sens des actes.

    Reste à voir maintenant si ce qu’ils pourraient dire serait vrai ou non :D

  7. Eric says:

    maîtriser son référencement, c’est maîtriser son image et surtout son e-reputation. Cela permet de véhiculer une information officielle. Bien sur on ne va être angélique, cela permet la manipulation, mais qui dit politique dit, bien sur, manipulation donc rien de grave ou de surprenant ;) Bref.

    La France a, comme d’habitude (j’ai l’impression de me repeter depuis tellement longtemps…) du retard et n’a pas encore pris la pleine mesure du Web et de ses éventuels dérapages… Un bon coup de NSEO ou/et de Google Bombing est si vite arrivé :P

  8. Maxime says:

    Exemple parfait pour répondre aux interrogations d’un référencement pour un site institutionnel et particulièrement pour celui-ci. L’image serait donc moins négative (ou plus positive comme vous voulez) et permettrait donc d’exposer clairement le point de vue des intéressés.
    Pour répondre @Evenstood, ta remarque sur la partie actualités est vraie, il serait difficile à l’Élysée d’y être régulièrement, mais les résultats naturels ne sont pas non plus très flatteurs comme l’a très bien dit Sylvain.

  9. Benjamin says:

    Je suis toujours étonné de voir à quel point les sites institutionnels réussissent à la fois à coûter une fortune et à ne vraiment pas être des exemples de sites bien faits et bien référencés. C’est quand même fou qu’avec le budget que l’état dépense pour ses sites le résultat soit aussi moyen.

  10. Etienne says:

    En effet la communication passe aujourd’hui par internet et les réseau sociaux. Les sites institutionnels sont très souvent cher, mal conçus et surtout peu suivi, une belle démonstration de l’argent public gaspillé.

    Il faudra probablement quelques années avant que la communication internet soit maitrisée par les politiques, qui aujourd’hui continuent à privilégier le journalisme et les média traditionnels.

  11. arnaud says:

    Je pense tout simplement que ce n’est pas leur priorité. Ils préfèrent maîtriser leur image sur les réseaux sociaux, laissant de côté le référencement.
    En tout cas ça serai intéressant de savoir si ils ont (ou déjà pensé) à une stratégie de référencement, même pour des actualités politiques à venir.

  12. Jean says:

    C’est vrai que j’aurais été le premier à rétorquer comme les autres, que faire du SEO pour le site de l’Élysée ce n’est pas primordial. Mais quand on lit tes arguments, là ça coule de source, ils auraient bien besoin d’une bonne campagne de référencement, ton exemple sur le budget 2013 est criant de vérité. Maintenant accepteraient-ils, ou quand bien même comprendraient-ils cette nécessité?

  13. phil says:

    Je vais faire court….

    Oui tu as raison pour l’optimisation possible du site de l’Elysée…
    …En même temps…qui va sur ce site ?….A part toi? lol

  14. Sylvain says:

    @phil : tu devrais lire un peu mieux l’article pour comprendre les enjeux réels ;-)

  15. Laurent says:

    Désolé d’insister, mais tu n’as pas répondu à mon commentaire sur le billet précédent.
    Je ne sais pas si tu as déjà pratiqué l’audit de grands comptes et surtout de sites gouvernementaux, mais j’en ai quelques uns à mon actif.
    Pour le dernier (clause de confidentialité oblige, je ne peux pas nommer le ministère en question), j’ai fait 7 powerpoint pour demander à modifier une TITLE, qui doit passer par une validation d’une première agence sous-traitante de l’interlocutrice avec le client, qui doit ensuite faire passer la préco par plusieurs organes divers et variés.
    Faire un mini audit du site et suggérer que l’Elysée a besoin de SEO est un joli exercice de style, mais lorsque tu t’es cogné, comme moi, depuis 8 ans contre ce type de murs, je te promets que tu apprends à relativiser.
    Le secret n’est pas la préco, mais ce qu’on en fait. L’objectif de ce site n’était pas de devenir une fusée sur les moteurs de recherche. Les contraintes du développement, du marketing et de la politique politicienne font que c’est plus efficace de pisser dans une violon au lieu d’efforcer à rendre un tel site SEO friendly.

  16. Sylvain says:

    @Laurent : Pour répondre à ton commentaire précédent, en effet je n’ai pas fait de distinction entre facteurs bloquants et facteurs ralentissants, j’en ai même laissé de côté, plus ou moins volontairement. Je me doute que tu as compris l’objectif de ces deux billets (objectif double pour le premier, lié au profil de mon lectorat), ça en explique en partie la raison ;-)

    J’aurais aimé que tu donnes quelques exemples, mais j’imagine que tu as tes raisons de ne pas l’avoir fait, au même titre que j’ai les miennes d’avoir omis plusieurs points.

    En ce qui concerne ce commentaire, je n’ai pas réalisé d’audit de site gouvernemental, je n’ai pas encore le background pour ça. Par contre je connais plus ou moins les « paliers » à passer, un ancien collègue travaillant aujourd’hui pour l’un de ces sites. Bien sûr mon objectif n’est pas de dire à l’Élysée ce qui doit être mis en place, il n’y a d’ailleurs pas de précos concrètes dans l’article, mais simplement de pointer du doigt plusieurs « red flags ».

    D’ailleurs pour être franc j’ai du mal à concevoir un audit sans connaître l’objectif recherché, et même si cet article peut en faire ressortir un, je n’ai pas pris ce paramètre en compte lors de la préparation du premier article. Disons que je me suis plus attaché au côté technique en allant un peu plus loin que le classique « Title/description/maillage/h1″ qu’on retrouve dans beaucoup d’articles SEO. Et j’ai encore moins pris en compte les contraintes « externes » qui dépassent largement le cadre de ce blog.

    Je serais ravi d’en discuter plus en profondeur avec toi (et c’est honnête, pas une phrase bateau en l’air ;-) )

  17. Laurent says:

    Je ne critique pas l’exercice de style que tu as pratiqué. Virginie (Café Référencement) a fait un peu la même chose. C’est toujours intéressante pour les gens de voir comment décortiquer un site.

    C’est simplement l’audit de site institutionnel qui me sort par les trous de nez.
    En fait, tu est le plus souvent une petite partie du rouage. Pour ma part, en tant que consultant, le plus souvent c’est l’audit technique, le suivi et les validations. Ensuite, viennent se greffer tout un tas de strates plus ou moins utiles avec des réunions toujours inutiles pour tourner en rond afin de savoir le pourquoi du comment il faut avancer. T’es en face de gens qui pigent que dalle au Web et les agences te voient comme un empêcheur de tourner en rond dans leurs processus bien rodés pour facturer épais sans trop se faire chier.
    Puis finalement, ça avance tant bien que mal. Pendant, ce temps, le compteur tourne pour chacun des parties de l’engrenage qui facture comme des porcs.
    Désolé d’être un peu blasé par ce genre de presta, car ça paye très très bien, mais cela n’a rien de trippant. L’audit est appliqué à 0,001% et tu ne pourras rien faire pour améliorer la situation.
    Aujourd’hui, je continue de pratiquer ce genre d’exercice en sous-traitance, mais je préfère largement les projets en direct où j’ai accès à 360° aux leviers.

  18. Sylvain says:

    D’accord je vois mieux ce que tu veux dire. Au final c’est toujours un peu le même problème mais apparemment, avec une difficulté x10 concernant l’application des précos. Je suis chez l’annonceur et je vois que parfois certaines choses peuvent prendre du temps, donc j’imagine que sur un projet où plusieurs strates entrent dans la boucle, ça devient un peu plus bordélique et surtout pas forcément motivant de voir que ton travail n’est pas mis en place.

  19. Julie says:

    J’arrive un peu après la bataille ! Mais quand même, il paraît que Google a une white list contenant notamment les sites gouvernementaux. Est-ce qu’on ne peut pas supposer que du coup, les facteurs bloquant ne le sont pas tant que ça ?

  20. Lionel says:

    Bien sur qu’ils auraient à améliorer leur référencement mais c’est compréhensible qu’ils aient du retard la dessus. Je pense que les politiques n’ont pas pleinement conscience de l’importance de leur image sur internet, sinon ils alloueraient un montant non négligeable pour travailler ce point.

  21. Lucie says:

    Je suis d’accord Google doit transmettre au site de l’Élysée un trust rank assez bon du coup faire de l’optimisation technique, c’est un peu bizarre

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